24 mai 2009
Ruines de Crevecoeur
Perdues dans les hauteurs forestières dinantaises, il est des ruines mal renseignées.
Accoudée aux remparts, je peux, des heures durant, laisser filer mon esprit.
Au pied de la falaise, un village médiéval s'étale

16 janvier 2009
Zen attitude
La vie, un éternel recommencement. Les actes récurrents ponctuent le quotidien. Les événements tristes alternent avec ceux qui sont heureux, sans oublier les épisodes joyeux et éphémères. La vie, un état cohérent. Le tout est maintenu par les entraves sociales qui chacun se fixe ou les pressions personnelles que chacun subit. Lorsqu’un électron s’agite, l’édifice s’agite jusqu’à retrouver son prochain équilibre. Cet équilibre en fonction de sa base sera qualifié de stable ou d’instable.
Mon équilibre, je le trouve difficilement.
Je tergiverse, je sinue, je zigzague quelque fois, jusqu’à en tomber.
Une fois au sol, je reprends contact avec la terre.
Je m’imprègne des milliers d’années d’existence de la Terre.
J’acquière un peu de sa sagesse.
Le vent m’apporte quelques senteurs, les embruns, le feu du bois.
Je hume.
Je me relève.
Je repars.
L’automne avec ses châtaignes est passé.
Au cœur de l’hiver, emballé sous la couette, je lis l’ « Art de se promener ».
Ce philosophe du 17ème siècle traite des promenades dans les villes, dans les bois, dans les champs, dans les montagnes, dans les jardins d’agrément. Il a omis d’écrire le chapitre concernant les promenades dans la tête.
Je m’installe dans un endroit confortable.
Il est important de ne pas être importuné.
Je ferme les yeux.
Je parcoure mes souvenirs.
Je superpose mon vécu à mes rêves.
Ma promenade s’effectue dans un moment de détente.
Je choisis ma destination.
Je me suis déjà dirigée vers un paysage escarpé, un boisé, un citadin, un aérien.
Je choisis un moment de l’année.
J’aime les entre saisons quand la lumière hésite, vacille, oscille.
Je choisis la météo.
Les promenades sous la pluie laissent des gouttes de plaisir sur le T-shirt.
Après avoir vagabondé dans les images, je choisis un banc dans ma collection personnelle.
J’y installe mon esprit détendu par l’effort.
Il se repose.
Je me régénère.
07 août 2008
Rêve éveillé
Ce matin, une souris est sortie de son tiroir.
Eblouie, elle a pointé son museau.
Elle a humé l'air frais de l'orage éclaté.
Ma souris s'est mise au vert.
Elle est partie à la campagne.
Elle a sortie sa nappe à carreaux rouge de pique-nique.
Elle a trinqué à cette belle journée.
Soudain, le ciel s'est illuminé.
A travers les gouttes de pluie, le soleil est apparu.
Sur l'arc-en-ciel, l'ange a glissé...
02 mars 2008
Mon cahier
J'ai ouvert mon cahier. Il est rempli au tiers.
Je n'ose plus prendre le temps, près de toi.
L'année n'est plus propice à l'écriture manuscripte(*).
(*) Ce mot n'existe pas, il est le fruit d'un télescopage de plusieurs mots. Je le garde. Il me plaît ce nouveau mot.
Je vis avec mon temps. Je rédige des textes virtuels ;-)
Mon cahier, il est rempli de petits riens. Ce moment qui, au détour du quotidien, je découvre soudain. Celui qui m'émerveille, même les jours de pluie. Celui qui mit au bout du précédent fait que ma vie est exceptionnelle.
Les jours s'allongent, il est temps de sortir de l'hivernation. Les fleurs émergent et font du pointillisme (*) sur la toile naturelle.
(*) Technique de peinture qui consiste à dessiner son sujet par petites tâches successives (enfin, je crois).
Tu es, comme le soleil, revenu. Je t'imagine dans la ville pour m'apporter ces rayons printaniers C'est ton bouquet personnel. Bientôt un deux ans que j'ai déménagé. Tant de choses se sont passées. En final, rien de vraiment neuf. J'ai toujours autant de difficultés à regarder la TV. J'ai toujours cette envie d'écrire ce livre et in fine, je n'ai que quelques écrits griffonnés à la hâte, la plupart du temps, illisibles.
Oserais-je utiliser ce blog comme support de mon synopsis?
Juxtaposition de vies rêvées?
Il y a Béa, qui est partie, on ne sait pourquoi, on ne sait vers quoi.
Il y a Charlotte qui vit une vie normale, normative, normalisée.
Il y a lui qui n'a pas encore de corps. Il vit dans une vie parallèle. De lignes parallèles en lignes parallèles, il y a des croisements qui s'effectuent.
Il y a toi dont je souhaite rendre hommage pour ton appui virtuel, quotidien, réservé.
Il y a Romane, nouveau personnage créé à l'occasion d'une nouvelle et d'une virée à Rome.
Puis, il y a celle qui écrit des bêtises et en plus qui les pense.
J'oubliais
la Dame, dans sa tour, gardienne d'un plat-quart.
Mes personnages n'ont jamais de parents, aucun descendant.
Aucune analyse psychogénéalogique ne peut être entamée au départ de mes récits. Chaque événement est unique. Tout ce qui arrive à mes personnages est extraordinaire puisque non comparable.
Mes personnages sont les meilleurs, puisque unique dans l'unicité Lacanienne (*).
(*) Mon style est de placer une phrase conceptuelle, hors propos et si possible incompréhensible ;-)
06 janvier 2008
La plume
A la place d'écrire mes émotions, je voudrais écrire mes rêves. Il y a longtemps que je ne rêve plus. L'avantage est que je ne fais plus de cauchemars.
Lorsque je sors mon cahier et mon stylo, mes pensées filent au-delà de mes rêves. Dans mes rêves éveillés, la plume revient souvent.
Selon le dictionnaire des rêves quand elle est claire, cela symbolise une solution heureuse et inespérée des ennuis actuels (recherche effectuée le 7/1/2008). YESSSSS ;-)
Elle est légère.
Elle est emmenée au-delà des mers.
Elle virevolte.
Elle est superficielle.
Elle regarde le monde d'en haut.
Elle est souvent duvet et blanche.
Quand elle se dépose sur le lit de mon cliché publicitaire, elle m'invite à la rejoindre, à prendre une pause.
Parfois, la plume est emportée par un gros grain. Elle a du mal à garder la ligne de conduite.
Elle tergiverse.
Elle sinue.
Elle zigzague quelques fois jusqu'à en tomber.
Au sol, elle reprend contact avec la terre. Elle s'imprègne des milliers d'années d'existence de la Terre. Elle acquière un peu plus de sagesse. Elle se relève bien sûr.
Le vent apporte alors quelques odeurs, quelques senteurs, un parfum de feu de bois.
Soulevée par l'allégresse, la plume emballée par le vent tourne, tourbillonne, virevolte jusqu'à ce qu'elle soit déposée plus loin sur le canapé rouge pour une pause bien méritée ou alors aplatie dans une flaque d'eau où elle attendra que les rayons du soleil ne la sèche pour à nouveau reprendre son envol, légère comme une plume,...
05 janvier 2008
Il est temps que j'écrive
Le cahier des idées positives est sans aucun doute l'exercice le plus difficile que je connaisse.
Aujourd'hui, le temps se prête bien. Le soleil a fini par déchirer le brouillard. L'atomium brille de mille feux, là-bas, dans le lointain.
J'ai, pour un prétexte fallacieux, pu entendre le son de ta voix, le rire bienveillant sur mes propos futiles. C'est toujours agréable d'avoir un bon public, dans son entourage.
L'exercice est périlleux. A quoi pense l'esprit lorsqu'il n'est pas occupé aux tâches quotidiennes et sérieuses ?
Ai-je assez fait le plein d'images positives pour combler mon âme de bonheur?
L'autre jour, je me rendais au travail à pied et le soleil jouait avec les façades, les illuminant de mille reflets irisés. Je repensais à mon texte sur l'ange qui reproduisait Magritte sur les buildings de la Capitale, de façon éphémère. J'ai repensé aux circonstances qui avaient fait que j'ai écrit ce texte.
Je me suis accrochée à mon GSM, à tous ces SMS pour ne pas sombrer dans la folie. Je me suis réveillée au son du bip bip de ce GSM. Depuis, j'ai un réveil à la tête à la tête de mon lit. J'ai l'illusion de vivre comblée, comme tout le monde, dans un univers qui, pourtant, me fait encore des accroche-pied.
Zut, je reglisse dans la morosité, la mélancolie. Vite, j'attrappe un bâton de réglisse, un bâton de sucre d'orge, un bâton de raider, un bâton de nougat.
Je le savoure et je profite des vertus de la gourmandise,...
03 janvier 2008
Le matin du 3
L'opération est programmée dans quelques heures.
Vite écrire des milliers de mots au cas où je ne pourrais plus tapoter sur le clavier.
Vite coucher des milliers d'émotions au cas où je ne saurais plus utiliser l'outil pour les communiquer.
L'handicap de la main droite, c'est un peu comme si j'étais aphone. Je voudrais parler mais les sons ne peuvent plus sortir. Avec la douleur, je sens baillonner. Je gigotte pour m'exprimer. Je hurle dans ma tête mais rien ne sort.
Je voudrais que mes mains survolent les touches, qu'elles soient aériennes comme une plume.
Je voudrais que mes écrits en ce début d'année nouvelle soient suprficiels, distrayant, légers comme une plume.
Cette plume blanche vole, virevolte, tourne et tourbillonne.
Balayée par le vent, emmenée sur les nuages, elle voyage dans le ciel gris-argenté-bleuté, cette couleur du ciel si caractéristique qui annonce la venue d'un arc-en-ciel.
Au bout de sa course, la plume est déposée délicatement sur le lit. La blancheur du duvet tranche avec le rouge éclatant de la descente de lit.
La brise gonfle légèrement le voile rendu orangé par le soleil couchant de cette fin d'après-midi.
Essoufflée par sa course, la plume s'allonge, se love, s'étire.
La lune en quartier accompagnée de sa plus fidèle étoile projette sa lumière phosphorescente dans la chambre silencieuse.
Bien que les publicités ont abusé et banalisé ces images de plume dans un cadre romantique, elles font parties de mes rêves les plus doux.
31 décembre 2007
Dernier jour de l'an
En ce dernier jour de l'an,
Dans mon habit d'ange blanc,
Mon auréole dorée sur la tête,
Des idées folles en tête,
Je survole les plaines et les crêtes,
Pour te souhaiter une année 2008, en fêtes
17 décembre 2007
Mes têtes à têtes
Le temps qui passe, mon sujet de prédilection,...
L'acquisition de nouveaux comportements, mon défi préféré,...
Mes têtes-à-têtes, comme ma piétre orthographe, une fidélité inavouée,...
Dernièrement, j'ai eu un drôle de tête-à-tête.
J'étais vautrée dans un fauteuil trop confortable dont les tapisseries étaient en velours et les accoudoirs, en bois.
Le fauteuil était dans un salon cosy, dans un gîte au milieu des bois. Au loin, dans le silence, on entendait le mumure de la rivière qu'un petit pont de bois enjambait, dans la brume matinale. A quelques villages de là, l'abbaye de Waha m'avait séduite et émotionnée. Déjà, c'est une abbaye du 12ème siècle. Deplus, Folon y a dessiné les vitraux. Enfin, l'amicale des amis du patrimoine a sénographié l'abbaye, la fabrication des vitraux, le tout emballé dans l'émotion des êtres chers et des relations intergénérationnelles. Si vous passez près de marche-en-famene, je vous conseille vivement le détour.
Donc, un triple martini blanc à la main (les tenanciers n'ont pas coutume de servir le martini sans glaçons!!!), enfoncée dans le fauteuil, le glouglou de la rivière au loin, le GSM aphone par manque de réseau, il me restait une seule activité possible pour la citadinne que j'incarne : filer dans mes pensées, m'échapper au-dessus des cimes, voguer au-delà de mes souvenirs,...
Tu es là, près de moi, en face de moi, comme quand je sors mon cahier. J'ouvre les yeux.
J'ai été bien surprise de découvrir, accroché au mur, un trophée que EVIDEMMENT je n'ai pas pu m'empêcher d'immortaliser, ....
28 novembre 2007
Insomnie
Il est 3H40.
Il est déraisonnable d'être là. Tous les snacks, tous les pubs sont fermés. Je n'ai pas d'endroit pour prendre un café. Je n'ai pas d'endroit pour être près de toi.
Je parcoure mes albums photos. Le banc, là dans le parc.
C'est là que, dans le nuit, je m'installe à t'attendre. Il est au soleil.
Au travers de la nuit, cette nuit la plus froide, au coeur de l'automne, le soleil traverse le ciel étoilé.
Je sens ses rayons sur mes joues, seul morceau de chair, non couvert. Je ferme les yeux. Sous ma veste, je sens la chaleur qui circule. Je me réchauffe.
Dans les feuilles mortes, j'entends des pas. Serait-ce toi?
Ne pas ouvrir les yeux, écouter. Le pas est trop lent. Dans le vent, je perçois un murmure de conversation. Les pas s'éloignent. Un chien aboie, une poussette passe.
Le silence s'installe. Le soleil se retire. Les arbres balancent, dans l'eau, se mirent.
Le froid se fait plus vif. De la ouate m'entoure. Un bras m'enlace.
Sans ouvrir les yeux, je m'appuie.
Sans ouvrir les yeux, je me fonds.
Sans ouvrir les yeux, je me parfume au feu de bois de ton pull.
J'ouvre les yeux.
Je me perds dans l'immensité de la nuit, dans le silence de l'eau.
Sereine, je peux prolonger notre rendez-vous, dans la chaleur de la couette...






