01 décembre 2009
a l'hotel
A l'époque de nos grands-mères, la vie était plus rude mais plus facile.
Il fallait se lever à l'aube, aller nourrir les oies, les poules et les canards.
Enfiler ses sabots et partir à l'école. Faire trois kilomètres à pied par tous les temps.
Dans la classe mixte, les plus frands s'occupaient des plus petits.
De retour à la maison, le travail au champs ou à l'atelier attendait l'enfant obéissant.
Le bâton ou la ceinture remettait la structure en place.
Après la soupe, chacun se mouillait le nez à l'eau froide et filait au lit, sans demander son reste, fourbu et sans état d'âme.
Depuis sont arrivés les droits et les devoirs.
Les droits sont étalés dans les livres, dans les médias et contresignés par les parents.
Les devoirs sont superficiels, abolis par les nouvelles pédagogies.
Internet et la playstation ont envahi les temps libres.
Ces mêmes enfants s'abîment les yeux sur des écrans trop peu éclairés dans des chambres trop sombres.
Mes amis, quel tableau.
Nous en sommes arrivés à avoir des Tanguy à la maison.
Nous rangeons leurs affaires, nous lavons leur sale linge et nous nous excusons quand nous élevons un peu la voix. Nous ne devons jamais oublier que ces enfants-là ont le droit d'aller à l'école, de ne pas forcément étudier. Ils ont le droit d'avoir la belle vie, celle que nous n'avons jamais eue.
Aujourd'hui la société est celle de la consommation, des plaisirs rapides et du moindre effort.
Si vous avez des idées pour transformer notre maison devenue hôtel, la mère indigne que je suis, je suis prête à les adopter...
17 novembre 2009
argent de poche et rétribution financière
Je lisais un article intéressant relatif à l'argent de poche.
Outre les commentaires avisés, comme :
- l'argent de poche doit être proportionnel avec l'âge de l'enfant ou de l'adolescent;
- L'argent de poche doit être mis dans une tirelire. L'argent en banque n'est par pertinent dans le cadre d'une éducation à l'argent et à sa prise de conscience;
- l'argent de poche ne peut pas être un objet de chantage (somme fixe donnée à échéance fixe);
- l'argent de poche peut être dépensé ou épargné au gré des envies, des lubbies,...
il y avait dans l'article des "cas vécus".
L'un d'eux m'a interpellé. Je vous le résume: Moi, je ne donne pas d'argent contre des bonnes notes ou comme rétribution de tâches effectuées à la maison, pour le bien commun!
HEUREUSE FEMME
J'imagine son quotidien. Son enfant, charmant bambin, revient de l'école, une fleur entre les dents. Il goûte et file droit dans sa chambre, étudier pour lui. Ensuite, les devoirs faits et les leçons apprises, il dresse la table du souper, débarrasse la table, aide quelques soirs à ranger le lave-vaisselle. Il se met en pijama, il se brosse méticuleusement les dents, il regarde une demie-heure - pas plus - bonhommet et petitlapin, il termine sa soirée, blotti dans son lit à lire les aventures du Capitain Fracasse. Après une nuit reposante de 9 heures, une solide petit déjeuner équilibré avec un laitage, un jus de fruits frais et des céréales, il part à l'école en sautillant et collectionne les bonnes notes, juste parce qu'il a compris que c'est son avenir qui est en jeu.
MERE INDIGNE
Non, je ne vous raconterai pas mon quotidien....
17 mai 2009
Journées Portes ouvertes
Kevin est un mauvais élément en classe.
Il est jouette, il est distrait, il est perturbateur.
Plus l’année s’écoule, plus il pleut des zéros.
Sa motivation fond comme neige au soleil.
Il devient la cible privilégiée des professeurs.
Encore la faute à Kevin, soupirent-ils.
Son bulletin aligne les remarques négatives.
C’est un petit pois que cet enfant a dans la tête.
Dans cette spirale infernale, tous les matins, Kevin traîne les pieds.
Dans cette dévalorisation permanente, Kevin a perdu l’appétit d’étudier.
Il devient le petit pois sauteur décrit par ses professeurs.
Sa maman s’inquiète de la situation.
L’avenir de Kevin n’est pas forcément peuplé de monstres à dégommer avec une manette.
Le jour de la remise des prix, il sera trop tard pour prendre les mesures correctrices.
Il est de notoriété publique que l’enseignement actuel est en perdition.
Pour la petite histoire, ils sont 7 élèves dans la classe de mon fils (sur 28) à ne pas avoir de place en 1ère secondaire pour la rentrée prochaine.
Ce week-end, elle a entraîné son fils aux journées portes ouvertes des écoles avoisinantes.
Elle puise son courage au plus profond d’elle-même, pour courir les écoles avec son enfant désabusé.
Elle l’emmène par la peau du cou, choisir son avenir.
Contre vents et marées, ce week-end, elle a empêché son fils de vaquer à ses activités favorites.
Quelle mère indigne !
18 février 2009
Mère indigne
Son fils a 15 mois.
Il marche seul depuis trois mois.
Il est précoce mais il est encore tout petit, tout fragile.
Il escalade l'échelle du tobbogan moyen de la plaine de jeux.
Elle le regarde avec crainte s'aventurer de marches en marches.
Elle est à côté de l'engin. Ses mains forment une corbeille au cas où il tomberait.
Il grimpe, il grimpe.
Elle espère qu'il arrête son escalade, que son exploration prenne fin.
Il continue. Il est concentré.
Il arrive en haut de l'échelle. Il est fier. Il éclate de rire.
Elle est blanche mais elle lui sourit de son exploit.
Il se laisse glisser. Il est hilare en bas de la pente.
Elle veut le rattrapper mais déjà il a filé.
Il escalade à nouveau.
Ses mains en forme de corbeille ne servent à rien. Il a compris les gestes à exécuter.
Il file telle une anguille.
Rassurée, elle s'assied pendant qu'il se muscule : monter, glisser, rire aux eclats.
Quand elle ne veille plus sur lui, même du regard.
Il chute.
Il pleure.
Le regard des autres mamans la juge :
Quelle mère indigne!
Il est si petit et si frêle, cet enfant en larme
