17 mai 2009
Journées Portes ouvertes
Kevin est un mauvais élément en classe.
Il est jouette, il est distrait, il est perturbateur.
Plus l’année s’écoule, plus il pleut des zéros.
Sa motivation fond comme neige au soleil.
Il devient la cible privilégiée des professeurs.
Encore la faute à Kevin, soupirent-ils.
Son bulletin aligne les remarques négatives.
C’est un petit pois que cet enfant a dans la tête.
Dans cette spirale infernale, tous les matins, Kevin traîne les pieds.
Dans cette dévalorisation permanente, Kevin a perdu l’appétit d’étudier.
Il devient le petit pois sauteur décrit par ses professeurs.
Sa maman s’inquiète de la situation.
L’avenir de Kevin n’est pas forcément peuplé de monstres à dégommer avec une manette.
Le jour de la remise des prix, il sera trop tard pour prendre les mesures correctrices.
Il est de notoriété publique que l’enseignement actuel est en perdition.
Pour la petite histoire, ils sont 7 élèves dans la classe de mon fils (sur 28) à ne pas avoir de place en 1ère secondaire pour la rentrée prochaine.
Ce week-end, elle a entraîné son fils aux journées portes ouvertes des écoles avoisinantes.
Elle puise son courage au plus profond d’elle-même, pour courir les écoles avec son enfant désabusé.
Elle l’emmène par la peau du cou, choisir son avenir.
Contre vents et marées, ce week-end, elle a empêché son fils de vaquer à ses activités favorites.
Quelle mère indigne !
18 février 2009
Mère indigne
Son fils a 15 mois.
Il marche seul depuis trois mois.
Il est précoce mais il est encore tout petit, tout fragile.
Il escalade l'échelle du tobbogan moyen de la plaine de jeux.
Elle le regarde avec crainte s'aventurer de marches en marches.
Elle est à côté de l'engin. Ses mains forment une corbeille au cas où il tomberait.
Il grimpe, il grimpe.
Elle espère qu'il arrête son escalade, que son exploration prenne fin.
Il continue. Il est concentré.
Il arrive en haut de l'échelle. Il est fier. Il éclate de rire.
Elle est blanche mais elle lui sourit de son exploit.
Il se laisse glisser. Il est hilare en bas de la pente.
Elle veut le rattrapper mais déjà il a filé.
Il escalade à nouveau.
Ses mains en forme de corbeille ne servent à rien. Il a compris les gestes à exécuter.
Il file telle une anguille.
Rassurée, elle s'assied pendant qu'il se muscule : monter, glisser, rire aux eclats.
Quand elle ne veille plus sur lui, même du regard.
Il chute.
Il pleure.
Le regard des autres mamans la juge :
Quelle mère indigne!
Il est si petit et si frêle, cet enfant en larme
